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Contribuer à l’émergence d’une Afrique indépendante, politiquement forte, d’une société civile socialement engagée avec une citoyenneté effective et responsable pour un développement durable de nos communautés.
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L’atelier de capitalisation et de planification du programme Alliance des initiatives africaines pour la Paix et la Stabilité en Afrique de l’Ouest du Gorée Institute, qui s’est tenu les 1er et 2 juin 2015 à Gorée, avait pour objectifs de passer en revue les activités du programme mis en œuvre durant la période 2012-2015; de faire le bilan de la collaboration et du partenariat entre l’institut Gorée et les OSC de la sous-région impliquées dans la mise en œuvre ; d’échanger sur les meilleurs moyens de consolidation des acquis; d’explorer de nouvelles pistes d’actions corrélativement à la situation sécuritaire de la sous-région et de proposer une esquisse de projets et d’activités à intégrer dans le plan d’action 2015-2018 du programme.

Ainsi, une présentation du projet, des activités réalisées et des résultats a atteint a été réalisée par la coordinatrice du programme à l’Institut, le Docteur Odile Tendeng, à l’endroit des partenaires, chercheurs et points focaux, du projet.

Le professeur Oumar Ndongo, consultant pour l’atelier, a par la suite, présenté une analyse de l’environnement sécuritaire des pays de l’espace CEDEAO marqué par l’héritage colonial et la faillite de l’Etat postcolonial; par des actions de basse intensité menées par des acteurs sans uniformes (guerre asymétrique) face à un Etat en déliquescence ou des combats résiduels comme au Mali ; par une pauvreté endémique (11 des 15 Etats de la CEDEAO sont parmi les Etats les plus pauvres au monde), par des inégalités sociales frappantes à lier aux traditions de la société d’accaparement aujourd’hui tenue par une élite peu soucieuse de la survie des couches démunies, mais également par des savanes et zones désertiques constituant de sérieux défis à la vie dans certains Etats.

Dans sa présentation, le professeur Ndongo a passé en revue le cadre légal en vigueur dans l’espace CEDEAO, du traité de la création de la CEDEAO de 1975 au Cadre de prévention des conflits de 2008.

Parlant du contexte régional, le consultant a mis en exergue le fait que les Etats considérés sont au centre de la géopolitique mondiale avec la richesse de leur sous-sol, leur proximité avec les grandes puissances et qu’ils constituent le point de passage d’importants circuits de trafics de toute sorte, le trafic de drogue principalement qui a fini de créer des communautés de consommateurs dans la région. Les causes écologiques étant également d’importants facteurs de crise dans les Etats (la baisse de la pluviométrie précarise de plus en plus les Etats de l’espace sahélien) et la corruption étant une pratique qui traverse tout l’espace ouest africain et qui justifie le fossé énorme qui existe entre les groupes sociaux.

Au cours de sa présentation le professeur Ndongo a fait le constat de l’échec des programmes de reconstruction post conflit tels que les Programmes de DDR (réintégration des ex-combattants non réussie//prime à la violence), les Processus de réconciliation difficile à mener du fait d’une absence de stratégie appropriée et d’implication des hautes autorités des Etats comme l’attestent les résultats des rapports des commissions Vérité Réconciliation, le modèle de justice transitionnelle finalement peu efficace, la gestion hasardeuse des réfugiés et des déplacés internes, etc…

Le consultant a ensuite proposé une revue par pays du contexte actuel des Etats ciblés par la phase pilote du programme à savoir : le Burkina Faso, le Mali, le Togo, le Sénégal, La Guinée, la Guinée Bissau et la Côte d’Ivoire.

Après avoir énuméré les forces de résilience et identifié les zones d’intervention dans l’espace CEDEAO, M. Ndongo a conclu en ces termes « La situation sécuritaire des Etats est certes préoccupante ; elle l’est davantage au regard des aspirations démocratiques des peuples et de l’absence de moyens efficaces de faire face aux crises … La période des élections en 2015 et celle de 2016 qui vont concerner le Benin, le Niger, le Cap Vert, la Gambie et le Ghana après l’élection de la Côte d’Ivoire, de la Guinée et du Burkina devront être surveillées. »

A partir de ces deux présentations les participants à l’atelier ont réalisé une analyse des forces, des faiblesses, des menaces et des opportunités du programme, ainsi qu’une analyse de l’environnement sécuritaire des pays de la sous-région qui a permis une identification de projets et d’activités pertinents à dérouler.

« Les forces de l’Alliance résident principalement dans le réseautage, dans la création d’un pôle qui donne une perspective sous régionale ; dans la pertinence des composantes du cadre de prévention des conflits de la CEDEAO, dans ses interactions avec le milieu académique permettant une production scientifique issues des thématiques et enfin la bonne synergie des acteurs (OSC, médias) » Groupe de travail 1 – Atelier de planification et de capitalisation de l’Alliance - 01&02 juin 2015

Les leçons apprises, les résultats, les échanges et analyses produites durant l’atelier ont finalement permis aux participant d’esquisser le contours des activités de l’Alliance pour la période 2015 -2018.

 

L'Alliance des Initiatives Africaines pour la Paix est un programme régional dont l’objectif est le renforcement du rôle des acteurs de la société civile dans la prévention des conflits, la consolidation de la paix et dans le processus de stabilisation des Institutions étatiques en Afrique de l’ouest. Le réseau des acteurs de la société civile pour la paix englobe des initiatives locales et des réseaux régionaux de femmes et de jeunes qui agissent auprès des populations à la base avec un accent particulier pour les populations vivant dans les zones frontalières.

Depuis 2009, de nombreuses activités complémentaires ont été réalisées au sein du réseau : des analyses de la situation politique et sociale des pays ciblés ont été réalisées, des recherches sur les causes profondes des conflits mais également sur les fondements de paix ont été conduites donnant lieu à deux publications (Stabilité Institutionnelle et Sécurité Humaine et La société civile face aux défis de l’instabilité politique en Afrique de l’Ouest). Deux modules de formation, tirés de la recherche, ont alors été développés.

Durant la phase pilote du projet, des formations ont été réalisées sur la base de ces modules et, en parallèle, un travail de monitoring a été mené afin de développer des stratégies proactives dans la gestion des conflits et la consolidation de la paix. Les formations déroulées et le monitoring sur la stabilité politique et institutionnelle et la sécurité humaine effectués dans les pays durant la phase pilote ont également permis de conduire des actions de plaidoyer auprès des gouvernements des Etats où se sont déroulées ces informations, des instances régionales (Union Africaine), sous régionales (CEDEAO) et des partenaires techniques et financiers.