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Contribuer à l’émergence d’une Afrique indépendante, politiquement forte, d’une société civile socialement engagée avec une citoyenneté effective et responsable pour un développement durable de nos communautés.
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Pendant trois jours, un atelier de formation et de dialogue multi-acteurs se penchera sur la gouvernance des ressources naturelles et prévention des conflits en Afrique de l’Ouest. Cette formation est offerte par le Gorée institue. Elle est porteuse de ce projet qui a démarré par une étude menée sur le terrain entre septembre 2013 et novembre 2014, en vue d’identifier les causes structurelles des conflits dans les communautés extractives des pays de l’union du fleuve Mano. Au terme de cette formation, les participants feront ressortir des pistes de solution pour résoudre le paradoxe des ressources naturelles et la récurrence des conflits violents dans les zones contenant ces richesses.

Dans son discours d’ouverture, le directeur exécutif du Goree Institute a rappelé que : «  La crise actuelle est révélatrice, à l’échelle globale mais aussi africaine, de la faiblesse des mécanismes de gouvernance des ressources dont regorgent les sols et sous-sols africains. Depuis ces dix dernières années, entre 10 et 15 millions d’hectares auraient fait l’objet de négociations ou de transactions avec des investisseurs étrangers dans les pays en développement, selon le PNUD. Mais en même temps, on a observé une accélération des concessions minières avec la croissance de la demande de matières premières pour ces économies dites émergentes. La très forte percée récente de la Chine en Afrique et les investissements colossaux qu’elle a consentis dans le secteur minier ou pétrolier, explique en grande partie l’accroissement de près de 45 % des investissements direct étrangers en Afrique pendant cette décennie », a expliqué Monsieur Doudou Dia.

Quant au choix de la Guinée pour abriter cette rencontre de trois jours, Monsieur Doudou Dia explique : «  Il s’agit entre autres du chiffre de l’Initiative de la  Transparence dans les Industries Extractives (ITIE) en Guinée et l’exploitation minière qui assure 80% des exportations du pays, soit environ 30 à 35% des recettes de l’Etat et 17 à 20% du PIB ».

Pour le Directeur Pays de la fondation OSIWA Guinée, Ibrahima Niang, les différentes initiatives ces dernières années montrent que l’Institut Gorée  est engagé pour faire en sorte que les problèmes de la sous-région soient bien documentés pour qu’il y ait des alternatives. Il pense d’ailleurs que cette rencontre vient au moment où le gouvernement guinéen fait des efforts pour améliorer la gouvernance du secteur minier.
      
Représentant le Ministre des Mines et de la Géologie, son chef de cabinet Ahmed Sékou Keita dira que « la Guinée est riche en ressources naturelles mais elle n’a pas encore récolté les bénéfices auxquels les populations s’attendent légitimement. C’est un paradoxe de voir ce continent où se côtoient d’immenses richesses minières et une pauvreté envahissante. Les communautés ne font pas la différence entre les missions régaliennes de l’Etat et le rôle des entreprises. Cela pose la nécessité d’avoir un cadre stable pour l’investissement privé dans le secteur, mais aussi l’adoption d’une politique concertée en matière de responsabilité sociale des entreprises minières. »

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Le chef de cabinet du Ministère de la Sécurité et de la Protection Civile, lui, situe le problème a deux niveaux essentiels : une dimension locale et une dimension internationale. « La plupart des guerres et des conflits ont pour dénominateur commun le contrôle des ressources, parmi lesquelles figurent en bonne place des ressources naturelles. Donc il est important d’avoir un cadre légal pour favoriser la paix » estime Nouhan Traoré.

Il rappelle ainsi qu’ « il y a quelques années, des violences d’une extrême gravité entre les populations de la région forestière et une compagnie d’exploitation de ressources naturelles ont fait beaucoup de dégâts matériels et des morts. Ces mêmes genres de violences ont eu lieu en Haute Guinée, notamment à Siguiri où, il existe aujourd’hui des germes de violences et conflits non seulement de nature intracommunautaire mais aussi entre la Guinée et les pays voisins pour la simple et bonne raison qu’il y a des portions de terre qui recèlent davantage de ressources naturelles, ce qui constituent des convoitises des uns et des autres ».

Présidant l’ouverture de cet atelier le Ministre de l’Unité Nationale et de la Citoyenneté a appelé les participants à une véritable dissertation intellectuelle sur ce paradoxe de l’abondance des ressources, qui devrait naturellement apporter plus de bonheur et plus de quiétude aux Etats africains que de conflits, tout en rappelant qu’une société politique ne peut pas exclure le conflit mais qu’elle doit pouvoir le gérer : « Si nous parlons de conflits, je suppose que nous parlons naturellement de violence. C’est un terme beaucoup plus problématique que celui du conflit en démocratie. Le conflit étant inhérent à la société démocratique, si on renvoie le conflit, la démarche n’est pas de l’exclure de la société, mais comment faire pour le gérer», a-t-il expliqué.
 
C’est pourquoi Kalifa Gassama Diaby souhaite la garantie de l’effectivité de la démocratie mais aussi de la participation des communautés locales. « Certes, cette notion galvaude un peu le sens réel de la démocratie mais disons-le quand même, la démocratie participative a pour définition la participation du citoyen. Il s’agit de faire en sorte que nos communautés locales et nos collectivités  participent pleinement à cette démocratie de gouvernance et que cette participation ne soit pas fondée sur des facteurs qui, par ailleurs, divisent la société ».

A rappeler que cet atelier de trois jours se déroulera en 12 sessions. Les participants discuteront du cadrage conceptuel le mardi 7 mars 2017, suivi de l’analyse des conflits liés aux ressources naturelles le mercredi et enfin la journée du jeudi sera axée sur les orientations stratégiques, l’approche collaboration et le plaidoyer.

 

Abdoulaye Oumou Sow pour Guinéematin.com