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Au-delà de l’édification des peuples, les médias dans l’exercice de leur fonction, peuvent contribuer indirectement à brader les actes terroristes à travers le monde. Une action vue par une personne ne peut avoir la même dimension que quand elle est observée par des milliers. Selon François-Bernard Huyghe : « Le journaliste doit se distancier et faire comprendre que l'instrumentalisation des médias et du public est une composante de l'action terroriste ».

Terrorisme ! Un mot ou une action qui, au 21ème siècle dans les pays d’Afrique de l’Ouest ou encore à travers le monde se dessine de plus belle, à cause de l’interconnexion et la porosité des frontières ainsi que des mentalités. Et comment ? A quelle fin ?

Des dizaines, centaines de personnes sont tuées, des familles meurtries, l’économique des pays fragilisée, la sécurité miniaturisée, les pays sont fracturés à des endroits précis.

A chaque fois que ces actes se sont posés au Niger, au Mali ou encore en Côtes d’Ivoire entre autres, l’information a bien été relayée par les hommes de média, dans les moindres détails et par tous les moyens possibles. Mais là où le bât blesse, c’est l’autre face de cette information, qui nous montre une contribution inconsciente ou consciente à la propagation de la terreur dans les cœurs et les esprits des peuples. Dans ce sillage médiatique, le traitement de l’information peut différer d’un sujet à un autre, d’un organe à un autre, ou d’un pays à un autre selon la ligne éditoriale suivie par le journaliste. Et à quelle fin ?

En effet, à cause des intérêts de quelque nature que ce soit, ceux qui, par méconnaissance du point de vue professionnel se laissent entrainer dans cette dynamique (sensationnelle, fusionnelle ou partisane) de couverture du terrorisme, peuvent parfois se voir enfreindre au devoir d’informer avec une responsabilité journalistique et un sens du bien public.

Au-delà du coté dénonciateur dans des styles bien appropriés, quelle autre importance de vulgariser des actions d’horreur, d’une atrocité inhumaine sur de innocentes personnes ? Serait-il servi au terrorisme d’huile de moteur à faire véhiculer cette machine de destruction humaine et de déstabilisation nationale et internationale ?

Il existe des enjeux d’éthique important. L’impact du cadrage médiatique est d’une portée colossale. C’est tout un questionnement qui entre dans les pratiques journalistiques à savoir, le respect d’équité, d’impartialité et la crédibilité de l’information transmise, mais aussi et surtout la sécurité des populations.

Le respect des mesures sécuritaires est un autre volet à ne pas minimiser. Car faisant souvent parti des stratégies misent en place pour déjouer certaines planifications terroristes, peut contribuer à la protection du journaliste, des forces armées nationales et même de la population.

Il faut donc faire une étude de faisabilité journalistique pour savoir quoi dire ou ne pas dire, quoi monter ou ne pas montrer. La couverture médiatique du terrorisme doit se faire de telle sorte à ne pas envenimer la situation qui prévaut dans ces pays touchés par ces attaques.

Mariam KONE, Journaliste Mali