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Contribuer à l’émergence d’une Afrique indépendante, politiquement forte, d’une société civile socialement engagée avec une citoyenneté effective et responsable pour un développement durable de nos communautés.
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Alliance ou la plateforme des acteurs

CONTEXTE

Des évènements politiques majeurs en Afrique de l’ouest tels les coups d’état, les assassinats, l’intensification du trafic de drogue et des armes, des crises qui perdurent, etc. avaient obligé le réseau des acteurs de la société civile dénommé « Alliance des initiatives africaines pour la paix et la stabilité en Afrique de l’ouest » à prendre le temps d’analyser les faits et évaluer les outils en sa possession.

L’analyse avait montré que les problèmes auxquels certains pays faisaient face étaient plus globaux et plus complexes qu’ils n’en paraissaient de prime à bord.

Le traitement des problèmes d’instabilité institutionnelle et politique, — puisque c’est de cela qu’il s’agit — nécessitait d’avoir une approche holistique. C’est ainsi que dans une stratégie pluridisciplinaire, les questions de la stabilité politique et institutionnelle ont été abordées par des juristes, des sociologues, des anthropologues, des hommes et des femmes des médias, des animateurs culturels et des spécialistes des questions de sécurité issus des forces de défense et de sécurité. Les travaux de ces spécialistes ont permis l’élaboration d’outils de renforcement de capacités ainsi que de canevas de suivi et d’évaluation de système de gouvernance.

FORMATION

Atelier d’évaluation et de renforcement de capacités en rapport aux outils de monitoring et de plaidoyer pour la stabilité institutionnelle et la sécurité humaine

Après un an d’application des outils, un atelier d’évaluation de l’ensemble du projet sur la stabilité institutionnelle et la sécurité humaine a permis d’estimer les besoins puis de définir des priorités dans le choix des thèmes et des approches, afin de lancer des bases pour la suite du projet. Cet atelier d’évaluation en présence des différents points focaux de ce projet basés au Sénégal, en Guinée Bissau, en République de Guinée, au Mali, au Togo et en Côte d’Ivoire a aussi permis de faire une revue des modules de renforcement de capacités sur la Stabilité institutionnelle et la  Sécurité humaine, permettant ainsi de dresser un  canevas de suivi et d’évaluation des systèmes de gouvernance pour une utilisation optimale. Ceci a fortement contribué à la formation des points focaux sur le cadre opérationnel, l’analyse des données, les ressources humaines,  les partenariats à nouer ainsi que sur la prise en compte de la mesure du changement.

Le travail en groupe réalisé à partir des éléments du Cadre de Prévention des Conflits de la CEDEAO, des orientations stratégiques du projet et du monitoring, a permis de rédiger des documents de plaidoyer pour la Côte d’Ivoire, la Guinée, la Guinée Bissau, le Mali et le Sénégal. Des documents de plaidoyer sous - régional à l’endroit de la CEDEAO ont également été produits sur des thématiques communes, à savoir : Les femmes dans la prévention des conflits et la consolidation de la paix pour le Pôle A ainsi que La corruption comme un frein au développement pour le Pôle B.  

PROJET DE RECHERCHE SUR LA NATURE DES CONFLITS EN SENEGAMBIE MERIDIONALE

La recherche sur la nature des conflits en Sénégambie Méridionale est une étude spécifique portant uniquement sur cette région et qui participe au renforcement de capacités des acteurs de la société civile sur la stabilité institutionnelle et politique.

La recherche part du postulat que les outils de gestion de conflits utilisés par un grand nombre d’acteurs de la société civile ne sont pas en adéquation avec la problématique posée par le Mouvements des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC) et pour  laquelle les acteurs de la société civile cherchent des solutions, à savoir l’indépendance de la Casamance. Les conséquences directes de cette revendication indépendantiste sont, après trente-trois ans (33) ans de conflits, une suite de villages abandonnés ainsi qu’une recrudescence du nombre des déplacés et des réfugiés, notamment dans les pays transfrontaliers.

La recherche menée pour déterminer la nature des conflits afin de proposer des outils adéquats à la gestion des conflits qui se posent dans cette zone a été effectuée en six mois par une équipe pluridisciplinaire issue de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, l’Université Assane Seck de Ziguinchor, l’Université de Banjul en Gambie ainsi que de l’institut de recherche de Guinée-Bissau.

L’analyse profonde de la recherche, lancée en 2014, par le Goree Institute sur la thématique « Le conflit en Casamance : sa géopolitique, ses débordements, son traitement médiatique et le rôle de la religion » a permis de poser la problématique de la terre. La publication «Conflits et paix en Casamance : Dynamiques locales et transfrontalières », issue de cette recherche est un excellent ouvrage qui permet de comprendre l’évolution du conflit qui sévit en Casamance. Si les causes du conflit sont plus ou moins bien connues, les dynamiques internes et transfrontalières le sont moins. Année après année, une dimension sous régionale du conflit a émergé de par son évolution qui l’a conduit à déborder sur les pays voisins. La rébellion devient alors « une ressource stratégique dans le jeu politico-militaire de la Guinée-Bissau et de la Gambie ».

Par une approche holistique, le projet a passé en revue la gestion du foncier entre tradition et modernité, entre incohérence et influences (Badji, 2015 : 70), les enjeux humanitaires qu’elle pose, la géopolitique du conflit, l’influence du poids des traditions et de la religion, le problème des réfugiés et des déplacés, de même que le traitement médiatique de la question.

La démarche a pour ambition, d’une part de fournir des informations permettant aux membres de certains pays de la CEDEAO de porter un autre regard sur le conflit en Casamance, et d’autre part de proposer aux organisations de la société civile des outils de gestion de conflit beaucoup plus en adéquation avec la réalité en Casamance.

Le foncier qui constitue le cœur de la revendication irrédentiste continue, en traversant trente ans de conflit, à se creuser davantage, prenant des visages multiformes. En dehors des conflits fonciers communautaires traditionnels, le retour des déplacés, dispersés à l’intérieur du territoire sénégalais ainsi que celui  des réfugiés en Gambie et en Guinée-Bissau ou ailleurs ne manquera pas de faire soulever cette question, les terres abandonnées par les uns ayant été occupées par d’autres.

Ces sujets sont traités dans cet ouvrage qui est dans sa phase d’impression et qui se veut un outil de travail pour les acteurs de la société civile qui s’intéressent au conflit en Casamance et aussi pour les décideurs politiques dans la quête inlassable d’une solution de sortie de crise.

Résultats Obtenus :

  • Meilleure compréhension de la nature des conflits en Sénégambie méridionale ;
  • Synergie créée à travers la mise en réseau des diverses universités ayant pris part à la recherche ;
  • Elaboration d’un ouvrage sur le conflit casamançais.