wrapper

Contribuer à l’émergence d’une Afrique indépendante, politiquement forte, d’une société civile socialement engagée avec une citoyenneté effective et responsable pour un développement durable de nos communautés.
French English German Portuguese Spanish Swedish

Le cas du Sénégal

Par Adama SADIO

Réseau africain des jeunes chercheurs

Suite et fin

Le Sénégal, une démocratie en « Panne » de dialogue

« Rero amul gnak wax taan mo am[1] »

Le président Léopold Sédar Senghor ne disait-il pas : « Disso ak Baykat yi, Disso ak Samkat yi, Disso ak Napkat yi ». [2]Ces croyances, fortement ancrées dans la conscience collective sénégalaise, semblent ne pas être partagées, depuis plus d’une décennie, par sa classe politique. Le renforcement de la stabilité démocratique exige le dialogue entre les partis politiques. Un regard critique de la démocratie sénégalaise durant les deux dernières décennies laisse penser qu’elle est plus une démocratie d’« affrontement » qu’une démocratie consensuelle. Le débat politique vire très souvent à l’invective et à la menace.

Pourtant, la société sénégalaise dispose de mécanismes aussi bien modernes (les institutions de la République et la société civile organisée) que traditionnels (les chefs religieux surtout) pour instaurer une démocratie consensuelle et apaisée. Dès lors la question qui se pose est de savoir pourquoi la machine du dialogue politique est en « panne » au Sénégal? Que faire pour instaurer une démocratie consensuelle et apaisée au Sénégal, dynamique importante dans la consolidation de la paix ?

Rappelons que l’objectif d’un dialogue politique n’est pas forcément la mise en place d’un gouvernement d’Union nationale (qui ressemble à un partage du gâteau), mais plutôt d’arriver à un compromis et des convergences fortes sur des questions majeures de la vie de la Nation.

Depuis 1990, les rares questions autour desquelles il y a eu un dialogue suivi de consensus de la classe politique sont : les GMPE[3] de 1991 et de 1995, le Code électoral de consensus de 1992[4], la mise en place de la CENA[5] en 2004[6] en remplacement de l’ONEL[7] dont la création en 1997 a été fortement critiquée[8] par une partie significative de l’opposition. Notons, cependant, que si le vote de la loi portant création de la CENA a été consensuelle, ce consensus n’a pas résisté à la nomination[9] des membres de ladite institution électorale.

En dehors de ces quelques exemples de consensus, l’absence de dialogue se traduit, depuis l’alternance de 2000, à plusieurs niveaux dont les plus manifestes à nos yeux portent sur : la restauration du Sénat au Sénégal (2007) et sa suppression (2012), la prorogation du mandat des députés (2006 et 2007), la refonte totale du fichier électoral (2004), le couplage et le découplage des élections présidentielle et législatives (2007) ainsi que la répartition du nombre de députés par département. Cette absence de dialogue politique s’est poursuivie avec la seconde alternance de mars 2012. En 2014, le report unilatéral des élections locales[10], l’adoption du nouveau Code électoral et de l’Acte III de la décentralisation sans l’assentiment de l’opposition sont autant d’actes qui illustrent le déficit de dialogue. L’instauration d’une démocratie consensuelle et apaisée passe par le renforcement des mécanismes de régulation du jeu politique.

Consolidation des mécanismes de régulation du jeu politique

Le Conseil constitutionnel (CC)

Le CC est le principal mécanisme institutionnel chargé d’assurer la régulation du jeu politique. Le renforcement des prérogatives du CC ainsi que son indépendance sont nécessaires pour lui permettre de remplir pleinement cette fonction. Des réformes institutionnelles doivent envisager l’élargissement de ses compétences et la diversification des instances de désignation de ses membres. Si la machine du dialogue politique au Sénégal s’est grippée c’est parce qu’en partie les juges constitutionnels n’inspirent pas confiance à certains acteurs politiques et de la société civile. Ce manque de crédibilité découle des innombrables délibérations du CC se déclarant incompétent des nombreuses saisines de l’opposition. Pire, certaines délibérations[11] des juges électoraux enveniment les tensions électorales.

La société civile

L’instauration permanente d’un dialogue entre le pouvoir et l’opposition passe également par une société civile forte, crédible et à équidistance des chapelles politiques. Dans des périodes de fortes crispations politiques, la société civile doit pouvoir initier des démarches afin d’amener la classe politique à se concerter.

Cela dit, l’impasse dans laquelle se trouve le dialogue politique au Sénégal révèle les limites objectives de la société civile dans sa mission d’alerte et de veille citoyenne. Cette situation n’est pas sans rapport avec les accusations de politiciens encagoulés[12] dont les acteurs de la société civile font souvent l’objet de la part des acteurs politiques, particulièrement de la majorité. Il n’y a rien de scandaleux au regard de la récurrence de ce type d’accusations en Afrique. Dans sa mission de veille et d’alerte citoyenne, il est n partage des combats avec l’opposition sur certaines questions dont le respect  de la Constitution, mais les motivations, en principe, diffèrent.

Cependant, le passage de bon nombre de figures de proue [13]de la société civile sénégalaise de l’engagement citoyen à l’engagement politique met en péril la crédibilité de la société civile sénégalaise. Ce phénomène a pris une dimension particulière depuis l’élection du Président Macky Sall, le 25 mars 2012. Sous ce rapport, il est difficile de ne pas croire que la société civile est un raccourci pour certains de ses acteurs pour accéder au pouvoir. Ce manque de dialogue politique que pouvait initier la société civile n’est pas étranger aux lourdes inquiétudes qui ont pesé sur l’élection présidentielle de février-mars 2012 au Sénégal.

La médiation de religieux pour la décrispation des rapports entre pouvoir et opposition est une autre preuve des limites des mécanismes modernes de régulation du jeu politique. L’histoire politique sénégalaise est remplie d’exemples de décrispations politiques et sociales suite à une médiation religieuse. On peut citer le rôle majeur joué par Serigne Abdoul Aziz Sy Dabakh[14] de l’entrée de l’opposition[15] au gouvernement socialiste de 1991 et de 1995. La marche de l’opposition, le 03 avril 2010, à l’occasion de l’inauguration du Monument de la Renaissance Africaine, est autorisée suite à une médiation d’Abdoul Aziz Sy Junior.[16]

Instauration d’un statut de Chef de l’opposition

La pacification des rapports entre le pouvoir et l’opposition passera également par l’instauration d’un statut de Chef de l’opposition. Cette instauration du statut du Chef de l’opposition doit s’accompagner de tous les privilèges[17]. Pourtant, ce débat n’est pas une nouveauté dans le champ politique sénégalais. Déjà en 1984, l’opposant Me Abdoulaye Wade avait saisi le Président du Parlement pour le vote d’une loi sur le financement des partis et le statut de l’opposition. Une saisine qui ne connaîtra une suite favorable que dans la Constitution de 2001 au lendemain de l’élection du président Abdoulaye Wade. Néanmoins, en dépit de sa reconnaissance, le statut de Chef de l’opposition demeure théorique. Au lendemain des législatives de 2001, le Président Wade avait affiché sa volonté de traduire en acte cette disposition constitutionnelle. Cela avait soulevé l’ire de l’opposition qui y voyait une entreprise de division et de diversion[18]. Depuis lors, c’est l’immobilisme.

Une expérience électorale « certifiée », une réforme du système électoral sénégalais s’impose pour des processus électoraux apaisés

 

La quasi-totalité des crises politiques et institutionnelles en Afrique ont pour origine principale le processus électoral. Le Sénégal ne fait pas exception à cette règle. L’essentiel des crispations politiques entre le pouvoir et l’opposition porte sur le processus électoral. L’instauration d’un dialogue politique entre les différents acteurs politiques nécessite une profonde amélioration du système électoral. Il faut préciser que le système électoral sénégalais a connu des avancées notoires[19] depuis l’adoption du Code électoral consensuel de 1992. Mais la démocratie étant un mouvement, son amélioration se révèle nécessaire pour la pacification du jeu politique et la consolidation de la paix.

Le chômage des jeunes au Sénégal, facteur potentiel d’instabilité politique et sociale

Si la majorité des crises[20] au Sénégal est inhérente au processus électoral, la problématique du chômage (49% en 2010)[21] n’en représente pas moins une réelle menace d’instabilité politique et sociale. Le défi majeur auquel le Sénégal doit faire face est celui de la réduction du chômage. Chaque année l’offre d’emploi est très largement inférieure à la demande. Cette tendance risque de s’inscrire dans une dynamique croissante si les autorités étatiques ne se saisissent pas de la question du chômage. Ce phénomène social total pour parler comme Marcel Mauss constitue une menace très sérieuse pour la paix et la sécurité en Afrique. Cette menace est bien saisie par la BAD [22]au point de lancer des avertissements en direction des décideurs africains. « Les jeunes au chômage peuvent constituer une menace non négligeable sur la cohésion sociale et la stabilité politique s’ils n’ont pas d’emploi », avertit la BAD[23].

Au Sénégal, les réponses jusque-là apportées à ce phénomène se sont révélées insuffisantes au regard de son aggravation. L’avenir semble obstrué de telle manière que l’inquiétude gagne du terrain au sein de la jeunesse sénégalaise. L’obtention de diplômes universitaires très pointus ne garantit plus un stage (de plus en plus un luxe) à plus forte raison un emploi (Association des jeunes diplômés et la grève de faim des diplômés du FASTEF [24]en novembre 2013 en sont des illustrations). A ces jeunes diplômés à la recherche d’emploi, il faut ajouter ces nombreux jeunes sans aucune formation et ces jeunes travailleurs dont l’emploi ne garantit pas une vie décente[25]. La situation, conjuguée au coût élevé de la vie et au fait que dans les sociétés modernes en général la capacité financière de l’individu détermine le respect ou non de son entourage constituent des motifs d’inquiétude. Il est peu probable que la jeunesse puisse continuer à vivre cette situation sans qu’il n’y ait un risque de rupture de paix. Durant les deux dernières décennies, la jeunesse sénégalaise a envoyé des signaux très forts sur son désenchantement. Le chômage chronique constitue l’une des explications principales de la défaite des Présidents Abdou Diouf (2000) et Abdoulaye Wade (2012). A travers leur soutien massif à ces changements démocratiques de régime, les jeunes espéraient une amélioration de leur statut social.

L’alternance de 2000 : de l’espoir au désespoir

C’est un truisme d’affirmer que l’alternance du 19 mars 2000 demeure un événement politique qui a marqué les esprits à plus d’un titre. Si d’aucuns qualifient cette date de tournant décisif dans l’histoire politique du Sénégal, on ne risque pas de verser dans l’exagération en affirmant qu’elle avait suscité un immense espoir chez bon nombre de jeunes quant à l’amélioration de leur situation sociale. Ces derniers, frappés par un chômage chronique sous le régime socialiste criaient leur colère à tout bout de champ. On se rappelle bien de ces chansons de rap très symptomatiques de l’état de galère et de désespérance des jeunes avant l’alternance de 2000, «Génération sacrifiée» de Pee Froiss, «Wax ji daf ci baax fok am ku wax» de Bmg 44, «Rang bi dématul» [26]de Gnul Té Rap’ Adio.

Cette situation avait été bien comprise par le candidat Abdoulaye Wade au point qu’il ne manquait pas de demander, lors de sa campagne électorale de 2000, aux jeunes n’ayant pas d’emploi de lever leur main. Sans surprise, toutes les mains étaient en l’air. Cet état de fait était sans aucun doute l’un des facteurs majeurs ayant précipité la survenue de l’alternance. Ainsi, tout naturellement, les jeunes espéraient voir leur situation sociale changer avec l’accession à la Magistrature suprême d’un homme qui était très proche d’eux. Les tentatives de réponse (Fnpj[27] et Anej[28]) apportées au chômage des jeunes se sont révélées inefficaces. Hélas, la question du chômage des jeunes ne semble pas avoir trouvé de réponse appropriée, pour l’heure.

Le désespoir profond qui habite les jeunes explique leur envie de quitter le pays en quête d’une vie meilleure par tous les moyens. Le premier mandat du Président Wade a été fortement marqué par l’émigration clandestine.

La dernière trouvaille, à cet effet, c’est l’emprunt de pirogue pour rejoindre l’Europe. Ce phénomène plus connu sous le nom de « mbëk mii » est très révélateur de la situation socioéconomique très précaire qui frappe la jeunesse sénégalaise dans sa majorité. La réalité de la société sénégalaise est telle qu’un jeune en âge de travailler doit en général venir en aide à son entourage pour se faire respecter. Les jeunes fortement sensibles à cette réalité sont envahis par le sentiment de « xonet[29]» Autrement dit, les jeunes généralement frappés par la violence morale de la pauvreté sont de manière permanente et latente en colère. Comme le disent les anglais « a hungry people is a people angry ».[30]

Les manifestations violentes des marchands ambulants (2007), celles dites « émeutes » de la faim (2008), les violences constatées suite à l’élimination des Lions du football par la Gambie (2008), aux inondations ou aux délestages de la Senelec (2011), etc. sont des illustrations éloquentes de ce « xonet ». Toutes ces manifestations généralement violentes tirent leurs sources dans la précarité.

Etant certainement conscient que la banlieue est devenue un véritable volcan social, le Président Wade décide de mettre en application la théorie selon laquelle « les peuples vivent de l’espoir ». Aussi a-t-il créé l’Ofejban[31] en décembre 2008. Cette dernière initiative du président Wade n’a pas atteint son objectif au regard de l’aggravation du chômage. D’ailleurs, cela a été l’une des dynamiques majeures ayant causé la révolte du 23 juin et expliquant sa défaite à la présidentielle de 2012.

Le 23 juin, une révolte de cause plus sociale que politique

La révolte populaire du 23 juin 2011 contre le vote du projet de loi constitutionnelle instituant l’élection d’un ticket à la présidentielle et la restauration du quart bloquant est l’un des événements politiques majeurs du Sénégal post colonial. Si cette révolte populaire est menée contre un phénomène politique, son mobile est plus d’ordre social que politique. Le caractère déconsolidant de cette modification constitutionnelle par rapport à notre système démocratique est patent notamment sur la possibilité d’élire le président de la République avec 25% des suffrages. Néanmoins, l’histoire politique du Sénégal, plus particulièrement sous le magistère du Président Wade, est remplie de révisions constitutionnelles unilatérales qui mettent en péril la démocratie : « En effet, sur huit révisions initiées par Senghor, sept (7) peuvent être qualifiées de consolidantes ; sur les quatorze (14) révisions initiées par Diouf, dix (10) sont des révisions consolidantes, alors que sur les quinze (15) révisions adoptées sous son magistère, Wade ne compte à son actif que cinq (5) consolidantes. ».[32]

Les différentes modifications de la durée [33]et du nombre du mandat présidentiel[34], le non-respect du calendrier électoral[35], la valse constitutionnelle portant sur la création, la suppression et la restauration du Sénat[36], entre autres, constituent autant d’exemples qui démontrent à l’envi que la révolte du 23 juin 2011 n’est pas en soi la naissance d’un « patriotisme constitutionnel».[37] La preuve, le Président Macky Sall a reporté de manière unilatérale les élections locales du 22 mars au 29 juin 2014 avec la bénédiction de nombreux partis politiques et organisations de la société civile farouchement opposés au projet de loi du 23 juin 2011. Le « patriotisme constitutionnel » suppose la sacralisation de la Constitution. Le respect du calendrier électoral est aussi une preuve de « patriotisme constitutionnel ».

L’autre dimension qui infirme le fort coefficient politique dans l’explication de la révolte populaire du 23 juin 2011 est relative à la capacité de mobilisation des partis politiques de l’opposition et de la société civile durant les dix premières années du régime de Wade (2000- 2012) contre l’inflation des révisions constitutionnelles « déconsolidantes ». Jusqu’à la moitié du deuxième mandat de Wade, l’opposition sénégalaise était presque inexistante au point d’être caricaturée par la presse d’« opposition de salon ». Notre propos ici n’est pas de nier l’existence d’un coefficient politique ou d’un « patriotisme constitutionnel » dans l’explication de la révolte populaire du 23 juin 2011, mais il est inférieur au coefficient social. La résistance populaire du 23 juin est intervenue dans un contexte social très difficile pour « goorgoorlu » (le débrouillard). Le taux de pauvreté est estimé en 2011 à 47,6% par l’ESPS[38]. A la violence morale du chômage chronique dont est particulièrement victime la jeunesse s’ajoute l’approfondissement de la fracture sociale, l’influence du « printemps » arabe et les délestages intempestifs[39] qui plombaient les activités économiques de « goorgoorlu ». Le nom de l’un des mouvements étendards de la résistance populaire du 23 juin à savoir le « Y EN A MARRE » [40]en dit long.

Par conséquent la révolte du 23 juin s’inscrit dans une suite logique des multiples manifestations violentes durant ces dernières années dont celle du 27 juin 2011 et de 2013 contre la récurrence des coupures d’électricité et surtout d’eau à Dakar en octobre 2013. Ces manifestations parfois très violentes initiées majoritairement par des jeunes avaient pour cause la précarité sociale. La consolidation de la paix au Sénégal dépend, à bien des égards, de la satisfaction de la demande sociale.

CONCLUSION

La consolidation de la sécurité et de la paix au Sénégal résulte de sa stabilité démocratique. La relative stabilité démocratique du Sénégal cache mal des dynamiques importantes qui risquent de mettre en péril la paix. La paix étant une construction sociale et politique, le Sénégal doit procéder à une thérapie de choc contre les faiblesses de son système démocratique. Ainsi, les réformes envisagées ou à envisager doivent équilibrer les institutions républicaines et réformer le système politique et électoral.

Le chômage des jeunes représente un risque majeur de rupture de paix. Une analyse des violences notées au Sénégal durant la dernière décennie prouve à suffisance que la consolidation de la paix nécessite des solutions efficaces contre ce phénomène.

La sécurité et la paix n’étant jamais définitives et la démocratie étant un mouvement, la perfection du système démocratique sénégalais s’impose.


[1] Il n’y a pas de différend, mais plutôt un manque de dialogue politique.

[2] Dialoguer avec les agriculteurs, dialoguer avec les éleveurs, dialoguer avec les pêcheurs

[3] GMPE : Gouvernement de Majorité Présidentielle Elargie

[4] Sous la présidence de Kéba Mbaye, la Commission cellulaire a pu obtenir, à travers une large concertation, un consensus entre 17 partis politiques en 1992. Ce qui a généré le code consensuel dit Code de consensus de 1992. Au plan législatif, ce code a fait l’objet d’une loi (loi n°92-16 du 07 Février 1992) et d’un règlement (décret n°92-267 du 15 février 1992). Les élections législatives de 1998 et surtout l’alternance de 2000 ont été organisées sur la base de ce Code électoral consensuel.

[5] CENA : Commission Électorale Nationale Autonome

[6] La Commission cellulaire chargée de l’instauration de la Commission électorale nationale autonome a été présidée par le Professeur Babacar Guéye. La concertation ayant abouti à la création de la CENA avait mobilisé 52 partis politiques.

[7] ONEL : Observatoire National des Élections

[8] Les partis de l’opposition formulaient des critiques à l’endroit de l’Observatoire nationale des élections qui avait pour mission le contrôle et la supervision des différentes étapes du processus électoral. En mai 1999, une requête en annulation de la nomination du Général DIENG comme président de l’ONEL a été déposée par l’URD, et le RND qui avait conduit à la démission du président. L’opposition sénégalaise militait pour la mise en place d’une Commission électorale Indépendante (CEI) avec des prérogatives et compétences plus larges et des moyens financiers conséquents. Finalement, le contrôle et la supervision du processus électoral de l’alternance de 2000 ont été assurés par l’ONEL

[9] L’opposition dénonçait la nomination du Président de la CENA, le magistrat Moustapha Touré, dont l’épouse était une militante du PDS craignant un conflit d’intérêt par l’opposition. Paradoxalement, la démission forcée en novembre 2009 de ce dernier à la tête de la CENA sur pression du président Abdoulaye Wade a été fortement condamnée par la même opposition

[10] Les élections locales qui devaient se tenir le 22 mars 2014 ont été reportées au 29 juin de la même année par le Président de la République et sa majorité parlementaire sans un consensus au préalable des différents acteurs du jeu politique.

[11] C’est le cas de la validation, le 27 janvier 2012, par le Conseil constitutionnel de la candidature du président Abdoulaye Wade à la présidentielle. Cette validation a provoqué une vague de violences sans précédent, dans plusieurs villes du Sénégal, notamment à Dakar, où neuf personnes ont été tuées entre le 27 janvier et le 21 février.

[12] Ces accusations se sont accrues avec la naissance du Mouvement du 23 juin rassemblant des partis de l’opposition et des personnalités de la société civile contre la candidature du président Wade qu’il juge anticonstitutionnelle. D’ailleurs, la Raddho a été accusée par la présidence sénégalaise, le 04 octobre 2011, de mener un combat politique, par voie de conséquence, elle était disqualifiée à observer l’élection présidentielle de février 2012. Selon Serigne Mbacké Ndiaye,

Ministre conseiller et porte-parole du Président Wade, « il est hors de question que la Raddho soit observateur », estimant qu’il faut « que les règles du jeu soient respectées et des gens neutres pour assurer la supervision du scrutin ».

[13] On peut citer les exemples de Me Sidiki Kaba, ancien Président d’honneur de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH), et de Abdou Aziz Diop, ancien porte-parole du M 23. Le premier est devenu militant du parti présidentiel au lendemain de sa nomination au poste de Ministre de la Justice et le second, devenu aussi militant, après être nommé Ministre conseiller auprès du Chef de l’Etat. On peut aussi évoquer les exemples de Alioune Tine (ancien Président de la Raddho et Coordonnateur du M 23), Pr Amsatou Sow Sidibé (Responsable du Mouvement citoyen CAR LENENN) et de Mme Penda Mbow. Tous ces leaders de la société civile, même si ils n’ont pas encore rejoint officiellement le parti présidentiel sont nommés par le président de la République.

[14] Abdoul Aziz Sy Dabakh est le Khalife Général de la confrérie des Tidianes au Sénégal.

[15] C’était à l’occasion de l’inauguration du Monument de la Renaissance Africaine devant une trentaine de Chefs d’Etat et de Gouvernement d’Afrique et du monde. L’opposition voulait dénoncer à travers cette manifestation l’inopportunité dudit Monument et du budget exorbitant consacré à sa construction.

[16] Porte-parole des Tidianes

[17] Le chef de l’opposition doit être invité à toutes les cérémonies officielles de la République, disposer d’un temps d’antenne en réponse au Président de la République, être l’interlocuteur privilégié du Chef de l’Etat sur des sujets nécessitant un dialogue politique, entre autres.

[18] En fait, à l’issue des élections à la députation le Parti socialiste avait engrangé plus de voix sur l’ensemble du territoire national alors que l’Alliance des forces de progrès avait plus de députés soit 11 contre 10 pour le PS. Dès lors, la question était de savoir si on devrait attribuer le statut de Chef de l’opposition en fonction du critère de représentativité électorale ou de celui de représentativité parlementaire ?

[19] L’adoption de ce Code électoral de 1992 révisé en 2011et la création de l’ONEL en 1997 substitué par la CENA en 2004 avec des prérogatives et compétences renforcées ont permis la réalisation de deux alternances aussi bien présidentielles (2000 et 2012) que parlementaires (2001 et 2012) et la victoire de l’opposition dans de nombreuses collectivités locales (notamment les villes de Dakar, Saint-Louis, Thiès, Fatick, Louga, Podor et Diourbel) en mars 2009. Mieux, depuis les élections législatives de 1998, tous les observateurs électoraux s’accordent à dire que toutes les élections organisées au Sénégal se sont déroulées dans la régularité et la transparence, en dépit de certaines contestations de l’opposition.

[20] Il s’agit des crises politiques et sociales.

[21] Source Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie du Sénégal (ANSD).

[22] BAD : Banque Africaine de Développement

[23] Lire la Banque africaine de développement dans l’édition 2012 de ses «Perspectives économiques en Afrique». Notons que ce rapport est élaboré en partenariat avec l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA) et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).

[24] FASTEF : Faculté des Sciences et Technologies de l’Education et de la Formation

[25] Selon le Bureau International du Travail (BIT) dans son rapport intitulé « Tendances mondiales de l’emploi des jeunes » publié en 2006 : « Les jeunes Africains, quand ils ne sont pas au chômage, sont des travailleurs pauvres ».

[26] Nous devons parler, car il le faut.

[27] Rien ne va.

[28] FNPJ : Fonds national de promotion de la jeunesse

[29] Expression de jeunes citadins, «xonet» qui a une double signification à savoir la pauvreté et la colère, dans le jargon citadin, est, sous l’angle sociologique, très significative.

[30] Un peuple affamé est un peuple en colère.

[31] OFEJBAN : Office national pour l’emploi des jeunes de la banlieue

[32] Ismaïla Madior FALL, Sénégal une démocratie « ancienne » en mal de réformes, Rapport sur l’état de la démocratie et de la participation politique au Sénégal, Une étude d’AfriMAP et de l’Open Society Initiative for West Africa (OSIWA), Juin 2012, p. 55

[33] Au Sénégal, la durée du mandat du président de la République a fait l’objet de plusieurs modifications constitutionnelles. La durée du mandat présidentiel était de 7 ans (1960-1963), 4 ans (1963-1967), 5 ans (1967-1992), 7 ans (1992-2001), 5 ans (2001-2008) et 7 ans (2012-2019). Cependant, le président Macky Sall a pris l’engagement de ramener la durée de son mandat à 5 ans.

[34] A l’instar de la durée du mandat présidentiel, la clause limitative du nombre de mandat du Président de la République a aussi fait l’objet de valse constitutionnelle. La clause limitative du mandat présidentiel a été instaurée en 1970, supprimée en 1976, restaurée 1992, supprimée à nouveau en 1998 avant d’être restaurée encore et « enfin » par la Constitution de 2001.

[35] Les élections locales ne sont jamais organisées à date échue au Sénégal et les élections législatives ont été, par exemple, reportées en 2006 et 2007.

[36] Le Sénat est créé en 1999, supprimée en 2001, rétablie en 2007 et à nouveau supprimé en 2012.

[37] Lire à ce propos Ismaïla Madior FALL, Sénégal une démocratie « ancienne » en mal de réformes, Rapport sur l’état de la démocratie et de la participation politique au Sénégal, Une étude d’AfriMAP et de l’Open Society Initiative for West Africa (OSIWA), Juin 2012, 184 pages

[38] ESPS : ‘Enquête de Suivi de la Pauvreté au Sénégal.

[39] Le Mouvement très influent des Imams de Guédiawaye est né suite aux délestages intempestifs.

[40] « Y EN A MARRE » est l’expression d’un ras le bol social d’une jeunesse aux abois.