Centre pour la Démocratie, le Développement et la Culture en Afrique
Après une première journée consacrée aux fondements des Agendas Jeunesse, Paix et Sécurité (JPS) et Femmes, Paix et Sécurité (FPS), la deuxième journée de l’atelier de formation des journalistes a mis l’accent sur le rôle des médias dans la promotion d’un journalisme sensible et inclusif. Les participants ont exploré plusieurs thématiques allant de la représentation médiatique des femmes et des jeunes à la couverture des conflits, en passant par un panel interactif « Sous l’arbre à palabres », centré sur les défis et opportunités pour les médias dans l’accompagnement des agendas JPS et FPS.
Représentation médiatique des femmes et des jeunes
La première session a permis de réfléchir à la place des femmes et des jeunes dans les médias. À travers des exercices pratiques et des échanges, les journalistes ont identifié les obstacles à une représentation équilibrée et proposé des pistes pour renforcer leur visibilité. Les discussions ont souligné l’importance d’initiatives et de soutiens concrets afin de promouvoir une meilleure inclusion dans les rédactions et les contenus médiatiques.
Journalisme sensible au genre et couverture des violences
La deuxième session a porté sur le journalisme sensible au genre, avec un focus particulier sur le traitement médiatique des violences envers les femmes (VEF) et des violences basées sur le genre (VBG). Les participants ont été invités à « porter des lunettes genre » pour analyser et produire une information plus équilibrée et consciente des inégalités.
Un cadre méthodologique, basé sur le triptyque Information-Analyse-Débat, a été proposé pour guider la production journalistique, de la préproduction à la diffusion. La session a également abordé la couverture des conflits en Afrique, en mettant en évidence les bonnes et mauvaises pratiques ainsi que la responsabilité des médias face à l’impact de leurs récits.
Sous l’arbre à palabres : défis et opportunités pour les médias
La troisième session a pris la forme d’un débat interactif avec la participation de M. Ibrahima Amadou Niang (PNUD), Mme Marie-José Kandanga (ONU Femmes) et Mme Artida Minga (OIF). Les panélistes ont souligné le rôle crucial des médias dans la déconstruction des stéréotypes, la prévention des conflits et la lutte contre la désinformation.
Les échanges ont mis en lumière plusieurs défis : la montée du sensationnalisme et de la manipulation sur les réseaux sociaux, la nécessité d’une expertise spécialisée, l’impact de l’intelligence artificielle, ou encore les menaces auxquelles sont exposés les journalistes. Des propositions concrètes ont été avancées, telles que l’adoption de lois sur l’accès à l’information, l’innovation dans les formats médiatiques et la mise en place de mécanismes de feedback pour mieux mesurer l’impact des productions.
Vers un journalisme plus responsable
Cette deuxième journée de formation a permis aux journalistes de renforcer leurs capacités en matière de traitement sensible aux questions de genre, de jeunesse et de conflits. Elle a également mis en avant leur rôle stratégique dans la promotion de la paix, de la cohésion sociale et d’une information de qualité au service des agendas JPS et FPS.
Il importe de rappeler qu’au-delà de la formation, l’atelier ambitionne aussi de poser les bases d’un réseau national de journalistes spécialisés sur les questions de paix, de sécurité et d’égalité des genres. Ce futur réseau constituera un relais solide pour la promotion et le suivi des deux agendas, tout en favorisant le partage de bonnes pratiques et la diffusion de contenus inclusifs, responsables et éthiques.
Pour rappel, cet atelier est organisé par APEL-JFF, en partenariat avec le Gorée Institute, avec l’appui de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Il bénéficie également de la collaboration de la Task Force JPS Sénégal, du réseau Youth for Peace Senegal et du ministère sénégalais de la Jeunesse, des Sports et de la Culture.





