Ce policy brief met en lumière la montée des coups d’État et changements anticonstitutionnels au Sahel, perçus non pas comme un rejet de la démocratie, mais comme une réaction aux blocages institutionnels, à la confiscation du pouvoir par les élites, à la manipulation des constitutions et à l’échec de la gouvernance. Ces dynamiques s’inscrivent dans une histoire longue d’instabilité, où les ruptures violentes deviennent des modes récurrents de reconfiguration politique face à des États perçus comme inaccessibles, corrompus ou inefficaces, notamment dans leur réponse aux défis sécuritaires et socio-économiques.
Face à cette situation, la stabilisation durable repose sur une refondation politique inclusive, une réforme institutionnelle adaptée aux réalités locales, une médiation régionale crédible et une redéfinition du contrat social. Le retour à l’ordre constitutionnel ne doit pas consister à rétablir les formes anciennes du pouvoir, mais à repenser la légitimité, la proximité et la redevabilité de l’État. Des dialogues inclusifs, des mécanismes de suivi citoyen et une meilleure coordination entre acteurs nationaux, régionaux et internationaux apparaissent comme des leviers essentiels pour sortir de la spirale des ruptures.
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