Centre pour la Démocratie, le Développement et la Culture en Afrique
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- Date de création 19/09/2026
Vingt-cinq ans (25) après l'adoption de la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies, l'Agenda Femmes, Paix et Sécurité (FPS) est fortement inscrit dans les cadres normatifs des pays d'Afrique de l'Ouest et du Sahel. En effet, les six (06) États étudiés (Bénin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Niger, Tchad et Togo) disposent de Plans d'action nationaux et ont progressivement intégré les principes de participation, de protection, de prévention et de relèvement dans leurs politiques publiques. Pourtant, cette institutionnalisation demeure
largement formelle.
Le principal défi n'est plus celui de l'adoption des normes, mais celui de leur capacité à transformer de manière constante les structures de pouvoir qui continuent de produire des inégalités de genre dans les domaines de la gouvernance, de la sécurité et de la gestion des crises. Cette analyse souligne une ambiguïté frappante dans la mesure où dans les contextes relativement stabilisés, les mécanismes institutionnels favorisent une conformité administrative sans remettre en cause les hiérarchies décisionnelles qui limitent encore l'influence réelle des femmes.
À l'inverse, dans les contextes marqués par les conflits armés, les transitions politiques ou les crises sécuritaires, la centralisation des décisions autour des appareils de défense tend à renforcer la masculinisation des espaces de pouvoir et à reléguer les femmes à des fonctions essentiellement consultatives. Dans les deux cas, la progression de la participation ne se traduit pas automatiquement par une redistribution effective du pouvoir.
Par-delà les avancées normatives, l'avenir de l'Agenda FPS dépend désormais de la capacité des États à inscrire les politiques de paix et de sécurité dans une gouvernance plus inclusive, fondée sur la redevabilité, des financements nationaux pérennes et une participation substantielle des femmes aux décisions stratégiques.
Une approche féministe, intersectionnelle et intergénérationnelle permet de dépasser une lecture strictement institutionnelle en faisant ressortir la diversité des expériences vécues par les femmes selon leur âge, leur territoire, leur statut socio-économique ou leur situation de déplacement. Il s’agit d’une démarche qui invite à considérer les femmes non plus comme des bénéficiaires des politiques de sécurité, mais comme des actrices déterminantes de leur conception, de leur mise en œuvre et de leur évaluation.




