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Contribuer à l’émergence d’une Afrique indépendante, politiquement forte, d’une société civile socialement engagée avec une citoyenneté effective et responsable pour un développement durable de nos communautés.
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Administrateur

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Phase 1 Monitoring de la stabilité institutionnelle et de la sécurité humaine

Pour évaluer la mise en œuvre du CPCC, une collecte de données a été organisée dans les six (6) pays de la CEDEAO dont les points focaux ont pris part à la formation sur la sécurité humaine. Ces derniers ont été désignés pour collecter les données sur l’ensemble des 111 indicateurs organisés en 30 sous dimensions également regroupées en 14 dimensions au sein du CPCC.

Pour avoir une évaluation aussi objective que possible du CPCC, plusieurs acteurs (cibles) de la société ont été interrogés par les points focaux. Dans chaque pays, les points focaux ont tenu un nombre déterminé d’interviews suivant les groupes cibles et selon la répartition suivante :

L’analyse des résultats est faite dimension par dimension et ceci pour chaque pays. Ainsi pour chaque pays, une série de graphiques est produite pour faciliter la lecture des résultats. Sur chaque graphique à barre, sont indiqués différents scores par thématique.

Malheureusement pour des contraintes qui n’ont pu toutes être mitigées, y compris celles linguistiques, les informations collectées en Guinée Bissau n’ont pu être relevées et analysées. Tous les pays cinq (5) pays dont les informations collectées ont été relevées et analysées présentent des vulnérabilités par rapport à la prévention des conflits. Aucun des pays n’a obtenu la moyenne, soit 2,5 dans les dimensions du Cadre de Prévention des Conflits de la CEDEAO. Il reste qu’au regard des résultats, certains pays présentent moins de vulnérabilités par rapport à d’autres. Le Sénégal présenterait moins de vulnérabilité suivi respectivement du Togo, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée et du Mali. La position du Sénégal apparait ici logique en ce sens qu’il a obtenu le meilleur score pour dix (10)  sur les quatorze (14) dimensions du CPCC.

L’analyse des différentes dimensions montre clairement que le degré de vulnérabilité  des pays couverts varie d’une dimension à l’autre. Ainsi, si le Togo arrive en troisième place au classement général, il devance le Sénégal en ce qui concerne la dimension « Médias » avec une note de 3,7 contre 3,4 pour le Sénégal. Il est ex-aequo avec le Sénégal dans la dimension « Initiatives transfrontalières » avec une note de 2,5 pour les deux pays. La Guinée avec un score de 2,4 pour la dimension « Forces en  attente » devance le Sénégal qui n’a enregistré qu’un score de 2,2.

Des écarts non négligeables ont été notés par rapport aux scores obtenus par les différents pays pour certaines dimensions. Pour la dimension « Gouvernance sécuritaire », l’écart entre le Sénégal qui a obtenu le meilleur score 3,6 et le Mali qui détient le plus faible score 2.1 est de 1,5. Les autres pays ont obtenu respectivement 2,6 pour le Togo, 2,5 pour la Côte d’Ivoire et 2,5 pour la Guinée.

L’on observe néanmoins quelques convergences entre les pays. Les cinq (5) pays ont obtenu des scores satisfaisants pour la dimension « Médias ». Le score le plus faible 2.8 enregistré est à l’actif de la Côte d’Ivoire et du Mali. Dans l’ordre croissant, la Guinée, le Sénégal et le Togo ont obtenu respectivement 3 ; 3,4 et 3,7.

En revanche, les cinq (5) pays présentent des vulnérabilités certaines dans la dimension « Initiatives transfrontalières ». Le meilleur score, soit 2,5 enregistré pour cette dimension est à l’actif du Sénégal et du Togo. Il représente juste la moyenne, la note la plus élevée possible pour rappel  étant 5. Une vulnérabilité commune des cinq (5) réside dans la gouvernance des ressources naturelles. Le score le plus élevé de 2,6 a été obtenu par le Sénégal. Les autres pays se situent en dessous de la moyenne avec respectivement les scores suivants : 2 pour le Togo, 2,2 pour le Mali, 2,3 pour la Guinée et 2.4 pour la Côte d’Ivoire. Ces vulnérabilités sont également observables pour la dimension « Forces en attente de la CEDEAO ». En effet, le seul pays qui a obtenu un score au-dessus de la moyenne est le Togo avec 2,7. Les autres pays se situent en dessous de la moyenne avec respectivement 2,0 pour la Côte d’Ivoire, 2,2 pour le Sénégal, 2,2 pour le Mali et 2,4 pour la Guinée. L’explication réside sans doute dans la méconnaissance de cette dimension et par conséquent des mesures devant être prises dans ce cadre au niveau des Etats.

S’agissant des groupes vulnérables, il apparait que des efforts ont été fournis par certains pays. Pour la dimension « Femmes, Paix et Sécurité », les scores enregistrés par le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Togo et la Guinée avec respectivement 3,4 ; 3,3 ; 2,8 et 2,8 apparaissent globalement encourageants. La situation apparait en revanche peu satisfaisante au Mali qui a obtenu un score de 2.4.

Pour la dimension « Promotion des jeunes », les scores obtenus par le Sénégal, la Côte d’Ivoire et le Togo avec respectivement 2,8 ; 2,9 ; 2,7 apparaissent acceptables malgré les efforts qui restent à consentir. La situation en revanche n’est guère reluisante au Mali et en Guinée, ces pays ayant obtenu des scores en dessous de la moyenne, soit respectivement 2,3 et 2,4.

Un rapport détaillé sur le monitoring de la stabilité institutionnelle et de la sécurité humaine portant sur ces six (5) pays de la CEDEAO  qui ont fini par effectuer la collecte de données est disponible.

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Le monitoring de la stabilité institutionnelle et de la sécurité humaine

L’environnement sécuritaire des Etats en Afrique de l’ouest est marqué par un héritage colonial qui, en morcelant l’Afrique en ses différentes entités que nous connaissons aujourd’hui, en a fait un continent vulnérable à bien des égards. L’Etat post colonial n’a pas pu ou n’a pas su relever le défi de la construction d’une Nation. Il est constaté aujourd’hui : Une pauvreté endémique (11 des 15 Etats de la CEDEAO sont parmi les Etats les plus pauvres au monde) ; des inégalités sociales frappantes liées à l’accaparement des richesses par une élite peu soucieuse de la survie des couches démunies ; des savanes et zones désertiques qui constituent de sérieux défis à la vie dans certains Etats.

Les Etats considérés dans le cadre de ce projet sont au centre de la géopolitique mondiale avec la richesse de leur sous-sol ainsi que leur proximité avec les grandes puissances. Certains d’entre eux constituent le point de passage d’importants circuits de trafics de toute sorte, tel celui de drogue qui a fini de créer des communautés de consommateurs dans la région. A ce fléau, s’ajoute la corruption, une pratique qui concerne  tout l’espace ouest africain et justifie le fossé énorme qui existe entre les groupes sociaux.

Les causes écologiques dont la baisse de la pluviométrie qui précarise de plus en plus les Etats, sont aussi d’importants facteurs de crise. 

Des fractures internes sont aussi sources de conflits dans la sous-région. Il s’agit notamment des frontières qui créent des discontinuités territoriales dans des espaces de continuité culturelle comme c’est le cas de la Gambie et du Sénégal ; des liens historiques et culturels entre les  pays comme  le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire ; ce qui explique la profondeur de la déchirure entre les Etats. La mauvaise gestion des points d’eau ; la recrudescence des déperditions scolaires et des rejetés du service militaire après la durée légale sous les drapeaux qui alimentent les rébellions ;  l’explosion démographique avec une population de près de 65% de moins de 25 ans ; la forte urbanisation des Etats entraînant une pression sur des espaces et des ressources souvent limités ; le regroupement dans les mêmes Etats de populations aux traditions et modes de vie pouvant difficilement cohabiter comme les nomades et les sédentaires, sont là diverses sources d’instabilités institutionnelles qui peuvent facilement mener la sous-région dans la dérive si elles sont mal gérées.

C’est fort de ce contexte que le projet de Monitoring de la stabilité Institutionnelle et de la Sécurité humaine s’est inspiré des 14 composantes du Cadre de Prévention des Conflits de la CEDEAO (CPCC) pour développer un  mécanisme de monitoring de la stabilité institutionnelle avec pour objectif essentiel de permettre son  appropriation par les acteurs de la société civile conformément au mandat qui leur est assigné.

Objectif général :

Développer un  mécanisme de monitoring de la stabilité institutionnelle afin de permettre son  appropriation par les acteurs de la société civile conformément au mandat qui leur est assigné.

 

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Alliance ou la plateforme des acteurs

CONTEXTE

Des évènements politiques majeurs en Afrique de l’ouest tels les coups d’état, les assassinats, l’intensification du trafic de drogue et des armes, des crises qui perdurent, etc. avaient obligé le réseau des acteurs de la société civile dénommé « Alliance des initiatives africaines pour la paix et la stabilité en Afrique de l’ouest » à prendre le temps d’analyser les faits et évaluer les outils en sa possession.

L’analyse avait montré que les problèmes auxquels certains pays faisaient face étaient plus globaux et plus complexes qu’ils n’en paraissaient de prime à bord.

Le traitement des problèmes d’instabilité institutionnelle et politique, — puisque c’est de cela qu’il s’agit — nécessitait d’avoir une approche holistique. C’est ainsi que dans une stratégie pluridisciplinaire, les questions de la stabilité politique et institutionnelle ont été abordées par des juristes, des sociologues, des anthropologues, des hommes et des femmes des médias, des animateurs culturels et des spécialistes des questions de sécurité issus des forces de défense et de sécurité. Les travaux de ces spécialistes ont permis l’élaboration d’outils de renforcement de capacités ainsi que de canevas de suivi et d’évaluation de système de gouvernance.

FORMATION

Atelier d’évaluation et de renforcement de capacités en rapport aux outils de monitoring et de plaidoyer pour la stabilité institutionnelle et la sécurité humaine

Après un an d’application des outils, un atelier d’évaluation de l’ensemble du projet sur la stabilité institutionnelle et la sécurité humaine a permis d’estimer les besoins puis de définir des priorités dans le choix des thèmes et des approches, afin de lancer des bases pour la suite du projet. Cet atelier d’évaluation en présence des différents points focaux de ce projet basés au Sénégal, en Guinée Bissau, en République de Guinée, au Mali, au Togo et en Côte d’Ivoire a aussi permis de faire une revue des modules de renforcement de capacités sur la Stabilité institutionnelle et la  Sécurité humaine, permettant ainsi de dresser un  canevas de suivi et d’évaluation des systèmes de gouvernance pour une utilisation optimale. Ceci a fortement contribué à la formation des points focaux sur le cadre opérationnel, l’analyse des données, les ressources humaines,  les partenariats à nouer ainsi que sur la prise en compte de la mesure du changement.

Le travail en groupe réalisé à partir des éléments du Cadre de Prévention des Conflits de la CEDEAO, des orientations stratégiques du projet et du monitoring, a permis de rédiger des documents de plaidoyer pour la Côte d’Ivoire, la Guinée, la Guinée Bissau, le Mali et le Sénégal. Des documents de plaidoyer sous - régional à l’endroit de la CEDEAO ont également été produits sur des thématiques communes, à savoir : Les femmes dans la prévention des conflits et la consolidation de la paix pour le Pôle A ainsi que La corruption comme un frein au développement pour le Pôle B.  

PROJET DE RECHERCHE SUR LA NATURE DES CONFLITS EN SENEGAMBIE MERIDIONALE

La recherche sur la nature des conflits en Sénégambie Méridionale est une étude spécifique portant uniquement sur cette région et qui participe au renforcement de capacités des acteurs de la société civile sur la stabilité institutionnelle et politique.

La recherche part du postulat que les outils de gestion de conflits utilisés par un grand nombre d’acteurs de la société civile ne sont pas en adéquation avec la problématique posée par le Mouvements des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC) et pour  laquelle les acteurs de la société civile cherchent des solutions, à savoir l’indépendance de la Casamance. Les conséquences directes de cette revendication indépendantiste sont, après trente-trois ans (33) ans de conflits, une suite de villages abandonnés ainsi qu’une recrudescence du nombre des déplacés et des réfugiés, notamment dans les pays transfrontaliers.

La recherche menée pour déterminer la nature des conflits afin de proposer des outils adéquats à la gestion des conflits qui se posent dans cette zone a été effectuée en six mois par une équipe pluridisciplinaire issue de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, l’Université Assane Seck de Ziguinchor, l’Université de Banjul en Gambie ainsi que de l’institut de recherche de Guinée-Bissau.

L’analyse profonde de la recherche, lancée en 2014, par le Goree Institute sur la thématique « Le conflit en Casamance : sa géopolitique, ses débordements, son traitement médiatique et le rôle de la religion » a permis de poser la problématique de la terre. La publication «Conflits et paix en Casamance : Dynamiques locales et transfrontalières », issue de cette recherche est un excellent ouvrage qui permet de comprendre l’évolution du conflit qui sévit en Casamance. Si les causes du conflit sont plus ou moins bien connues, les dynamiques internes et transfrontalières le sont moins. Année après année, une dimension sous régionale du conflit a émergé de par son évolution qui l’a conduit à déborder sur les pays voisins. La rébellion devient alors « une ressource stratégique dans le jeu politico-militaire de la Guinée-Bissau et de la Gambie ».

Par une approche holistique, le projet a passé en revue la gestion du foncier entre tradition et modernité, entre incohérence et influences (Badji, 2015 : 70), les enjeux humanitaires qu’elle pose, la géopolitique du conflit, l’influence du poids des traditions et de la religion, le problème des réfugiés et des déplacés, de même que le traitement médiatique de la question.

La démarche a pour ambition, d’une part de fournir des informations permettant aux membres de certains pays de la CEDEAO de porter un autre regard sur le conflit en Casamance, et d’autre part de proposer aux organisations de la société civile des outils de gestion de conflit beaucoup plus en adéquation avec la réalité en Casamance.

Le foncier qui constitue le cœur de la revendication irrédentiste continue, en traversant trente ans de conflit, à se creuser davantage, prenant des visages multiformes. En dehors des conflits fonciers communautaires traditionnels, le retour des déplacés, dispersés à l’intérieur du territoire sénégalais ainsi que celui  des réfugiés en Gambie et en Guinée-Bissau ou ailleurs ne manquera pas de faire soulever cette question, les terres abandonnées par les uns ayant été occupées par d’autres.

Ces sujets sont traités dans cet ouvrage qui est dans sa phase d’impression et qui se veut un outil de travail pour les acteurs de la société civile qui s’intéressent au conflit en Casamance et aussi pour les décideurs politiques dans la quête inlassable d’une solution de sortie de crise.

Résultats Obtenus :

  • Meilleure compréhension de la nature des conflits en Sénégambie méridionale ;
  • Synergie créée à travers la mise en réseau des diverses universités ayant pris part à la recherche ;
  • Elaboration d’un ouvrage sur le conflit casamançais.
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