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Contribuer à l’émergence d’une Afrique indépendante, politiquement forte, d’une société civile socialement engagée avec une citoyenneté effective et responsable pour un développement durable de nos communautés.
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Koassi

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Des professionnels de médias d’Afrique de l’Ouest outillés par Gorée Institute

« La responsabilité des médias et des professionnels de l’information dans la prévention des conflits en Afrique de l’Ouest », c’est autour de ce thème que s’est réunie, du 23 au 25 novembre 2017 sur l’Ile de Gorée à Dakar au Sénégal, une vingtaine de journalistes et professionnels de médias venus d’Afrique de l’Ouest, notamment du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée, de la Guinée Bissau, du Mali, du Niger, du Sénégal et du Togo.

Organisé par le Centre pour la Démocratie, le Développement et la Culture en Afrique Gorée Institute, cet atelier de renforcement des capacités et d’échange d’expériences vise à promouvoir l’observance des règles d’éthique et déontologiques dans l’analyse des données de conflits, encourager les bonnes pratiques professionnelles en faveur de la production d’une information fiable et utile sur la situation de conflits ou de crises violentes et contribuer à accroitre la responsabilité des médias dans la prévention des conflits et la consolidation de la paix.

Le Gorée Institute estime qu’au sein des Etats qui se veulent démocratiques, les médias indépendants et crédibles revêtent une importance capitale, notamment parce qu’ils permettent aux citoyens d’accéder à une information de qualité et de se faire une opinion éclairée sur les questions importantes touchant leur collectivité. Ainsi, les médias ont un rôle essentiel à jouer dans le processus démocratique, dans la consolidation de la paix et la cohésion sociale. Cependant, dans un contexte ouest-africain marqué par des conflits récurrents, la réalisation de cette importante mission sociale des médias est souvent compromise par des entraves à la liberté de la presse et des violations des droits fondamentaux des professionnels de médias. De même, ce rôle capital des médias est régulièrement sapé par des mauvaises pratiques telles que la non observance des règles déontologiques de base, la tendance à verser dans le sensationnel, la dramatisation ou l’effet d’annonce. L’information ayant une influence considérable sur le cours des évènements sociopolitiques, sa mauvaise gestion entraine des conséquences graves pour la paix et la stabilité des Etats de la sous-région. Le constat est fait que dans la plupart des pays de l’Afrique de l’Ouest où des médias sont davantage des catalyseurs de crise et de violence plutôt que des outils d’information et de sensibilisation. De plus, la majorité des journalistes qui exercent sur le terrain ne sont ni formés ni outillés aux techniques de reportage sensible aux conflits pouvant leur permettre d’informer librement et objectivement, sans attiser les tensions, ni inciter à la haine et à la violence. C’est fort de constat qu’est intervenue cette session de formation.

photo de famille atelier de formation media

Pendant trois jours, plusieurs modules ont meublé les travaux dont «
Attitudes des médias face aux conflits », « Les contraintes liées à la liberté d’expression en situation de conflits », « Les nouveaux enjeux sécuritaires en Afrique de l’Ouest », « La couverture médiatique en Afrique de l’Ouest », « Analyses critiques médiatiques sur les conflits ». Des communications présentées par le Professeur Moustapha Gueye, MM. Mouminy Camara, Frederick N’Decky et Doudou Dia et ponctuées de débats et de travaux de groupe qui ont permis aux participants d’identifier les bonnes et mauvaises pratiques professionnelles, mais aussi d’acquérir les connaissances pratiques et les outils techniques nécessaires en matière d’analyse et de compréhension de conflits. Les conflits au Niger, au Mali et la crise politique au Togo ont fait l’objet de débats et d’exercices d’analyse critique de productions médiatiques et certains journalistes ont partagé leurs expériences de terrain et des exemples de bonnes pratiques dans la production et la diffusion d’information en temps de conflits. Le Directeur Exécutif du Gorée Institute, Doudou Dia a exhorté les participants à mettre en application au quotidien les connaissances acquises afin de continuer à produire une information de qualité sans inciter à la haine ou à la violence. Gorée Institute est une organisation panafricaine de la société civile, qui a pour mission de contribuer à la mise en place de sociétés paisibles, justes et autosuffisantes en Afrique, de renforcer le dialogue politique pour la résolution pacifique des conflits, de contribuer à la consolidation des processus démocratiques et des institutions et d’encourager la créativité artistique, sociale et économique. Le centre a été fondé en juin 1992 par un certain nombre d’Africains concernés et engagés à promouvoir la paix et le développement sur le continent. Depuis sa création, le Goree Institute a poursuivi sa vision en contribuant à l’émergence d’une Afrique indépendante, politiquement forte, d’une société civile socialement engagée avec une citoyenneté effective et responsable pour un développement durable des communautés.  « Responsabilité, efficacité et professionnalisme », « Respect de la diversité », « Collaboration » « Transparence et obligation de rendre compte », « Créativité, excellence et indépendance » sont les valeurs qui guident le fonctionnement et les activités de l’Institut.

Médard AMETEPE, Directeur de Publication - LIBERTE

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Terrorisme : Les médias, un couteau à double tranchant

Au-delà de l’édification des peuples, les médias dans l’exercice de leur fonction, peuvent contribuer indirectement à brader les actes terroristes à travers le monde. Une action vue par une personne ne peut avoir la même dimension que quand elle est observée par des milliers. Selon François-Bernard Huyghe : « Le journaliste doit se distancier et faire comprendre que l'instrumentalisation des médias et du public est une composante de l'action terroriste ».

Terrorisme ! Un mot ou une action qui, au 21ème siècle dans les pays d’Afrique de l’Ouest ou encore à travers le monde se dessine de plus belle, à cause de l’interconnexion et la porosité des frontières ainsi que des mentalités. Et comment ? A quelle fin ?

Des dizaines, centaines de personnes sont tuées, des familles meurtries, l’économique des pays fragilisée, la sécurité miniaturisée, les pays sont fracturés à des endroits précis.

A chaque fois que ces actes se sont posés au Niger, au Mali ou encore en Côtes d’Ivoire entre autres, l’information a bien été relayée par les hommes de média, dans les moindres détails et par tous les moyens possibles. Mais là où le bât blesse, c’est l’autre face de cette information, qui nous montre une contribution inconsciente ou consciente à la propagation de la terreur dans les cœurs et les esprits des peuples. Dans ce sillage médiatique, le traitement de l’information peut différer d’un sujet à un autre, d’un organe à un autre, ou d’un pays à un autre selon la ligne éditoriale suivie par le journaliste. Et à quelle fin ?

En effet, à cause des intérêts de quelque nature que ce soit, ceux qui, par méconnaissance du point de vue professionnel se laissent entrainer dans cette dynamique (sensationnelle, fusionnelle ou partisane) de couverture du terrorisme, peuvent parfois se voir enfreindre au devoir d’informer avec une responsabilité journalistique et un sens du bien public.

Au-delà du coté dénonciateur dans des styles bien appropriés, quelle autre importance de vulgariser des actions d’horreur, d’une atrocité inhumaine sur de innocentes personnes ? Serait-il servi au terrorisme d’huile de moteur à faire véhiculer cette machine de destruction humaine et de déstabilisation nationale et internationale ?

Il existe des enjeux d’éthique important. L’impact du cadrage médiatique est d’une portée colossale. C’est tout un questionnement qui entre dans les pratiques journalistiques à savoir, le respect d’équité, d’impartialité et la crédibilité de l’information transmise, mais aussi et surtout la sécurité des populations.

Le respect des mesures sécuritaires est un autre volet à ne pas minimiser. Car faisant souvent parti des stratégies misent en place pour déjouer certaines planifications terroristes, peut contribuer à la protection du journaliste, des forces armées nationales et même de la population.

Il faut donc faire une étude de faisabilité journalistique pour savoir quoi dire ou ne pas dire, quoi monter ou ne pas montrer. La couverture médiatique du terrorisme doit se faire de telle sorte à ne pas envenimer la situation qui prévaut dans ces pays touchés par ces attaques.

Mariam KONE, Journaliste Mali

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Le Gorée Institute outille les acteurs des médias sur l’analyse et les attitudes face aux conflits

A l’issue de l’ouverture officielle de l’atelier de formation sur la responsabilité des médias et des professionnels de l’information dans la prévention des conflits en Afrique de l’ouest, plusieurs communications ont meublé la suite de la journée. L’analyse des conflits, l’attitude des médias face aux conflits et les nouveaux enjeux sécuritaires en Afrique de l’ouest ont été au cœur des échanges.

La vingtaine de professionnels des médias venus de neuf (09) pays, à l’initiative du Gorée Institute, ont bénéficié d’un exposé sur le thème « analyse des conflits : présentation des outils pratiques » animé par le Chargé du programme « Consolidation de la paix et prévention des conflits », Frederick N’Decky. Dans ses propos introductifs, le communicateur fait observer que « les conflits naissent des besoins humains universels ».

C’est donc pour contribuer à leur réduction dans la sous-région ouest-africaine, aux côtés d’autres acteurs étatiques et non étatiques,  que l’Institut de Gorée a mis en place divers outils susceptibles de les prévenir ou de les gérer. En parcourant différentes théories relatives aux conflits, il met en exergue l’importance du rôle des acteurs des médias dans ce processus de consolidation de la stabilité. A sa suite, le Professeur Moustapha Gueye s’évertue à énumèrer les différentes attitudes des médias face aux conflits. A travers une méthode participative, le formateur a permis aux participants d’appréhender les diverses causes des conflits. Ainsi, elles peuvent être de nature politique tels que, entre autres, la gouvernance électorale, les révisions constitutionnelles opportunistes, la faiblesse des partis d’opposition et des OSC. Elles peuvent aussi avoir un caractère économique comme le montrent le
manque de transparence dans la gestion des ressources, la mauvaise répartition des richesses, la corruption, l’impunité, les litiges fonciers, le chômage. Quand elle est de nature identitaire, ces causes se caractérisent sont perceptibles à travers les revendications autonomistes ou indépendantistes. Face à cette situation, il revient au journaliste, selon le professeur Moustapha Gueye, de faire preuve de professionnalisme à travers l’observation stricte des règles d’éthique et de déontologie. Ainsi, dans son travail d’information des populations, il doit faire montre d’impartialité pour refléter la diversité des opinions des parties prenantes au conflit et « donner une information de qualité pour participer à la formation d’une citoyenneté consciente et participative ». Une telle attitude du professionnel des médias a vocation, selon le communicateur, à « permettre au public d’être éclairé et devenir un bouclier face au pouvoir ».

Pour sa part, le Directeur exécutif du Gorée Institute, Doudou DIA s’est évertué à expliquer aux participants « les nouveaux enjeux sécuritaires en Afrique de l’Ouest ». Dans son état des lieux de la situation sécuritaire, il dresse le constat que l’Afrique en général et la sous-région ouest africaine sont devenus un terrain fertile pour des activités criminelles avec le développement de zones de non droit et la prolifération des trafics de tous genres au nombre desquels les enlèvements d’étrangers contre des rançons, la vente d’armes, faux médicaments, de drogue, l’importation de véhicules d’occasion, les trafics d’êtres humains avec pour conséquences le financement et la multiplication des activités terroristes. « De la porosité des frontières nous faisons face à la porosité mentale », dira-t-il à cet effet. Pour faire face à cette situation, Doudou DIA préconise, entre autres, le renforcement des capacités d’intervention des Etats à travers la mise en place de polices scientifiques et la coopération entre les services de sécurité avec des échanges d’informations.

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