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Contribuer à l’émergence d’une Afrique indépendante, politiquement forte, d’une société civile socialement engagée avec une citoyenneté effective et responsable pour un développement durable de nos communautés.
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A l’issue de l’ouverture officielle de l’atelier de formation sur la responsabilité des médias et des professionnels de l’information dans la prévention des conflits en Afrique de l’ouest, plusieurs communications ont meublé la suite de la journée. L’analyse des conflits, l’attitude des médias face aux conflits et les nouveaux enjeux sécuritaires en Afrique de l’ouest ont été au cœur des échanges.

La vingtaine de professionnels des médias venus de neuf (09) pays, à l’initiative du Gorée Institute, ont bénéficié d’un exposé sur le thème « analyse des conflits : présentation des outils pratiques » animé par le Chargé du programme « Consolidation de la paix et prévention des conflits », Frederick N’Decky. Dans ses propos introductifs, le communicateur fait observer que « les conflits naissent des besoins humains universels ».

C’est donc pour contribuer à leur réduction dans la sous-région ouest-africaine, aux côtés d’autres acteurs étatiques et non étatiques,  que l’Institut de Gorée a mis en place divers outils susceptibles de les prévenir ou de les gérer. En parcourant différentes théories relatives aux conflits, il met en exergue l’importance du rôle des acteurs des médias dans ce processus de consolidation de la stabilité. A sa suite, le Professeur Moustapha Gueye s’évertue à énumèrer les différentes attitudes des médias face aux conflits. A travers une méthode participative, le formateur a permis aux participants d’appréhender les diverses causes des conflits. Ainsi, elles peuvent être de nature politique tels que, entre autres, la gouvernance électorale, les révisions constitutionnelles opportunistes, la faiblesse des partis d’opposition et des OSC. Elles peuvent aussi avoir un caractère économique comme le montrent le
manque de transparence dans la gestion des ressources, la mauvaise répartition des richesses, la corruption, l’impunité, les litiges fonciers, le chômage. Quand elle est de nature identitaire, ces causes se caractérisent sont perceptibles à travers les revendications autonomistes ou indépendantistes. Face à cette situation, il revient au journaliste, selon le professeur Moustapha Gueye, de faire preuve de professionnalisme à travers l’observation stricte des règles d’éthique et de déontologie. Ainsi, dans son travail d’information des populations, il doit faire montre d’impartialité pour refléter la diversité des opinions des parties prenantes au conflit et « donner une information de qualité pour participer à la formation d’une citoyenneté consciente et participative ». Une telle attitude du professionnel des médias a vocation, selon le communicateur, à « permettre au public d’être éclairé et devenir un bouclier face au pouvoir ».

Pour sa part, le Directeur exécutif du Gorée Institute, Doudou DIA s’est évertué à expliquer aux participants « les nouveaux enjeux sécuritaires en Afrique de l’Ouest ». Dans son état des lieux de la situation sécuritaire, il dresse le constat que l’Afrique en général et la sous-région ouest africaine sont devenus un terrain fertile pour des activités criminelles avec le développement de zones de non droit et la prolifération des trafics de tous genres au nombre desquels les enlèvements d’étrangers contre des rançons, la vente d’armes, faux médicaments, de drogue, l’importation de véhicules d’occasion, les trafics d’êtres humains avec pour conséquences le financement et la multiplication des activités terroristes. « De la porosité des frontières nous faisons face à la porosité mentale », dira-t-il à cet effet. Pour faire face à cette situation, Doudou DIA préconise, entre autres, le renforcement des capacités d’intervention des Etats à travers la mise en place de polices scientifiques et la coopération entre les services de sécurité avec des échanges d’informations.